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06 Sep

07 septembre 1966: Le Grand Restaurant

Publié par Histoire de la Chanson, TV, Radio, Théâtre & Ciné  - Catégories :  #1966, #Louis de Funès, #Ciné

Le Grand Restaurant 

film comique français réalisé par Jacques Besnard, sorti en 1966.

Monsieur Septime dirige d'une main de fer le célèbre Grand Restaurant « Chez Septime », temple parisien de la gastronomie française. Mais sa vie est bientôt bouleversée par l'enlèvement d'un chef d'État d'Amérique du Sud, le président Novalès qui dînait alors dans son établissement, tout semble l'accuser de complicité...

Imaginé par Louis de Funès dès la fin des années 1950, le film raconte les mésaventures de M. Septime, patron d'un grand restaurant parisien sur les Champs-Élysées, fleuron de la gastronomie française, qui est tyrannique avec ses employés et obséquieux avec ses clients.

Sa vie est bouleversée par l'enlèvement d'un chef d'État d'Amérique du Sud dans son prestigieux établissement, et tous les soupçons vont vers lui.

En plus d'être l'acteur principal, Louis de Funès co-écrit le scénario, compose la distribution et collabore à la direction d'acteurs lors du tournage, faisant du film le premier de sa carrière à la conception duquel il participe concrètement, étant même au départ annoncé comme réalisateur.

Il s'entoure de Jean Halain, Jacques Besnard et Jean Marion, proches collaborateurs du réalisateur André Hunebelle, pour bénéficier d'une haute qualité technique, tout en se dispensant des desiderata du vieux maître du cinéma comique français.

Malgré des critiques mitigées, Le Grand Restaurant sort en salles à la rentrée 1966 et attire au total plus de 3,8 millions de spectateurs, un succès d'ampleur mais toutefois moins colossal que celui de La Grande Vadrouille, sorti en décembre de la même année.

Synopsis

Monsieur Septime dirige d'une main de fer le célèbre grand restaurant « Chez Septime », temple parisien de la gastronomie française. Bien décidé à traiter le client comme un roi capricieux, il n'hésite pas à infliger un traitement infantilisant à ses employés, et ce à la moindre erreur.

Mais sa vie est bientôt bouleversée par l'enlèvement d'un chef d'État d'Amérique du Sud, le président Novalès, pendant que celui-ci dînait dans son établissement. Tout semble alors l'accuser de complicité.

Fiche technique

Distribution

Production et réalisation

Genèse et développement
Une vieille idée et envie de Louis de Funès

Dès , époque où il joue dans Taxi, Roulotte et Corrida, le second film où il tient le rôle principal, Louis de Funès désire tourner un film nommé Le Grand Restauranta. Il doit en être — outre l'interprète principal — le réalisateur et le scénaristea. Il en parle à André Hunebelle (réalisateur de Taxi, Roulotte et Corrida) et Jean Halain (fils d'Hunebelle et scénariste de la plupart de ses films) et esquisse un premier scénariob. Au mois de , un écho du journal France-Soir annonce et décrit le projet dans ses grandes lignes :

« Dans Taxi, Roulotte et Corrida, Louis de Funès vit ses derniers moments de tranquillité. Il n'y est que comédien. À la fin de l'année, il sera à la fois metteur en scène, scénariste et interprète du Grand Restaurant. Ce film où il exercera trois métiers lui a été inspiré par un quatrième, qu'il exerça naguère. Louis de Funès était, à ses débuts, pianiste dans des cabarets et restaurants divers. Assis douze heures par jour sur un tabouret, il eut l'occasion d'observer l'envers du décor élégant d'un établissement gastronomique (ou pas). Dans Le Grand Restaurant, de Funès s'est donné le rôle du patron d'un restaurant de luxe et nous fera pénétrer des cuisines à la plonge, du vestiaire à la table d'honneur. »

— France-Soir, a.

Louis de Funès n'étant alors pas suffisamment connu pour qu'un projet de film soit monté autour de lui, son idée n'est finalement pas tournéeb. En , lors de la promotion de Certains l'aiment froide, l'acteur parle encore de monter le projet, avec le chansonnier Pierre Dudan qui a comme lui été pianiste de bar pendant des années1. Tout au long des années 1960, Louis de Funès repense à son projet. En 1962, son rôle du restaurateur Gaspard Ripeux dans Le Gentleman d'Epsom préfigure le personnage principal du Grand Restaurant puisqu'il y est obséquieux avec ses clients et incroyablement méchant avec son personnela. Il règle d'ailleurs lui-même une scène du film dans laquelle il dirige son personnel dans une sorte de balleta.

Ce n'est qu'en 1965, après avoir acquis un solide statut de vedette, qu'il relance définitivement son projet de filmc. En effet, entre-temps, l'acteur a connu un succès considérable avec les films Le Gendarme de Saint-Tropez, Fantômas et Le Corniaud tournés à la suite durant l'été 1964 ; c'est d'ailleurs après le tournage des deuxièmes opus respectifs de ses premiers grands succès — Le Gendarme à New York et Fantômas se déchaîne — qu'il entreprend de tourner son vieux projetc,note 1. Il recommence à peaufiner l'intrigue lors du tournage du Gendarme à New Yorkb.

Scénario et préparation

Le Grand Restaurant est le premier film pour lequel Louis de Funès participe directement à l'écriture du scénarioa. Au début des années 1960, il s'était déjà essayé à l'écriture en co-écrivant un scénario avec Jean Laviron mais le projet a été abandonnéa. Son seul nom attirant le public, l'acteur considère qu'il a une importante responsabilité dans la qualité du scénario et des dialogues de ses films2.

Le personnage principal du patron du restaurant est entièrement inventé par Louis de Funès, qui s'inspire de son vécu et imagine de nombreuses scènes et gags. Il puise notamment dans ses souvenirs, anecdotes et observations de la longue période où il fut pianiste de jazz dans les bars des nuits entières. Au début du projet, le personnage se nomme d'abord M. Sévère avant de devenir M. Septimed. Issu d'une génération qui étudiait la Vie des douze Césars au collège, Louis de Funès sait que le public repérera aisément la référence à Septime Sévère, empereur romain de 193 à 211d.

Le scénario est co-écrit avec le scénariste et dialoguiste Jean Halain, auteur des scénarios de la plupart des films de son père André Hunebellea. Halain collaborera régulièrement avec Louis de Funès pour écrire les scénarios de ses films, jusqu'à La Soupe aux choux en 1981. À partir de , l'acteur — revenu du tournage de Fantômas se déchaîne — consacre pleinement son temps à l'écriture du filme. Jean Marion, compositeur de la bande-originale du film et de dix-huit films de Hunebelle, participe lui aussi à l'écriture du scénario, sans être crédité au génériquea. Le biographe Bertrand Dicale remarque qu'il est facile de déterminer les contributions des deux principaux scénaristes : la première demi-heure, dont l'action se déroule principalement dans le restaurant, est due à Louis de Funès, avec de nombreux gags, des rapports de force entre Septime et les autres personnages, des déguisements, tandis que le reste du film sort de l'imagination de Jean Halain — scénariste des Fantômas, OSS 117 et autres films policiers de son père — qui fait se succéder filatures, course-poursuites et scènes d'actionf. Le cascadeur Gil Delamare participe à l'écriture des scènes d'actions, qu'il réglera et effectuera en partieg,h.

Lors de la préparation du film, la presse annonce toujours que Louis de Funès réalisera lui-même le filmi. Un article de Combat titre « Louis de Funès considère Le Grand Restaurant comme son manifeste esthétique. Le comique le mieux payé du cinéma français aborde la mise en scène »i. En réalité, Louis de Funès a confié la réalisation à Jacques Besnard, assistant-réalisateur habituel d'André Hunebelle, qui n'a jusqu'à présent réalisé aucun filmd. En s'entourant de ces proches d'André Hunebelle, et notamment de Besnard, l'acteur s'assure ainsi d'approcher la même efficacité technique que celle du vieux maître du cinéma comique français, tout en jouissant d'une certaine liberté, s'étant déjà « assez heurté aux habitudes, aux tics et aux envies » de Hunebelled.

Alain Poiré, l'un des principaux producteurs de la Gaumont, est chargé de produire le film, après avoir produit Fantômas et Fantômas se déchaîne. Au cours de la préparation du film puis du tournage, le cuisinier Gilbert Lejeune, patron du restaurant Ledoyen, sert de consultanti.

Scène de la recette du soufflé à la pomme de terre

Dans une scène, Septime explique sa recette du soufflé de pommes de terre au commissaire divisionnaire et à ses confrères italien, le commandatore Riganti, et allemand, le Dr Müller3. À l'origine, c'est uniquement l'accent allemand que prend Septime qui doit faire rire mais, après le tournage de la scène, Louis de Funès n'est pas convaincuj. Le lendemain, après une nuit d'insomnie, il trouve enfin l'idée qui changera drastiquement la scène : « Ça y est, j'ai trouvé ! Voilà : si une ombre me dessinait la moustache et la coupe d'Hitler pendant que je dévoile la recette en allemand ? »j,3. Le gag est tourné en une seule prise et réalisé grâce à un jeu de miroirs : en expliquant la recette du soufflé de pommes de terre au Dr Müller, en allemand, des ombres chinoises se découpent sur le visage de Septime et il prend la mimique, l'apparence glaçante et la voix d'Adolf Hitler, sous les yeux troublés du policier d'Outre-Rhinj,2. La scène devient ainsi l'une des plus marquantes du film3,c.

Cascades

Après les avoir scénarisées lors de l'écriture du film, Gil Delamare assure le réglage des scènes d'actions et exécute une grande partie des cascadesg,h. Pour son équipe, il fait notamment appel à Rémy Julienne, cascadeur encore débutant qu'il avait recruté pour le tournage de Fantômas en 1964k, et au mécanicien Joseph Cottin, avec qui il a souvent collaboré pour ses vols records en parachuteg. Jacques Martin est le responsable des trucages ou « effets spéciaux »l. Les cascades et gags imaginés par Delamare pour le film sont nombreux et complexesg.

De nombreuses cascades se déroulent dans la neige, à Val-d'Isère et à Tignes. L'une des plus difficiles est celle où la Simca Vedette Régence « empruntée » par Septime et Sophia fait un tonneau puis, les roues en l'air, glisse sur les skis fixés sur son toitl,h. Une Simca Ariane maquillée en Simca Vedette Régence est utilisée par Gil Delamare lorsque la voiture est à l'enversl,4,5. Après de longues glissades sur des pistes de ski à toute allure, la voiture prend appel sur un tremplin de saut à ski et saute par-dessus la vallée, pour atterrir sur le versant opposé. Delamare dirige la voiture depuis l'intérieur, conduisant ainsi à l'envers, et saute au dernier moment dans la neigel. La prise est coupée à l'apogée du saut de la Simcal. Pour les plans où la voiture plane dans le ciel, une fausse voiture allégée au maximum est filmée suspendue à un hélicoptère par un filin peint en bleu ciell,h. La difficulté est de taille pour le pilote de l'hélicoptère, qui doit diriger une charge maximale et de forme inhabituellel,h.

Le jeune Rémy Julienne effectue quelques cascadesnote 2. En étant l'un des deux gendarmes à moto qui poursuit Septime, il chute à grande vitesse, se faisant alors une luxation de l'épaule, faute de précautions et d'équipement suffisantsl. Quelques jours plus tard, il tourne des scènes à bord de la Chevrolet Bel Air7 des conspirateurs, en compagnie des acteurs eux-mêmes, dont Robert Dalban et Venantino Venantinin. Il doit dévaler plusieurs kilomètres de virages en lacets à Tignes, à vive alluren. « Casse-cou », il conduit comme un forcené, dérape, frotte les parois neigeuses, sans se préoccuper des plaintes des acteurs, à l'exception de Dalban qui l'encourage à faire plusn. À la fin de la prise, Venantino Venantini refuse de monter à nouveau avec lui, justifiant n'être qu'acteur et non pas cascadeurn,h. Plus tard, Rémy Julienne avouera qu'il n'était encore qu'un jeune débutant, et que la réaction de Venantini fut « salutaire » pour lui : « Après la grosse rigolade, je comprends mon erreur. Mon rôle est de faire du spectacle mais aussi de sécuriser les gens dont le travail n'est pas d'exécuter des acrobaties »n.

À Paris, Gil Delamare doit notamment effectuer un plongeon dans la Seine avec la DS de Septime, à 80 km/h, depuis un tremplin (camouflé en remorque de camion) situé sur la riveo,h. Il découvre avec stupeur que la voiture préparée spécifiquement pour le saut ne contient aucun moteuro. La cascade s'avère donc impossible puisqu'une DS sans moteur ne contient pas de suspension, rendant un saut sur un tremplin irréalisableo. Cela remet lourdement en cause la compétence des préparateurs chargés de la cascade, mais Gil Delamare annonce à Rémy Julienne « J'ai été trahi mais je saute quand même », alors que les dangers sont nombreuxo. La voiture est transformée à la hâte, des ressorts y étant ajoutés, et Gil Delamare réalise finalement la cascade, poussé par une voiture américaine à 100 km/h, sans problèmeo. Le reste de la séquence montre la voiture flotter et naviguer sur la Seine. Pour ne pas reproduire les erreurs de la cascade du plongeon, Gil Delamare et la production confient la réalisation et la responsabilité de la scène à Rémy Julienne, qui a régulièrement prouvé ses connaissances en mécaniqueo. Pour la première fois de sa carrière, Julienne réalise une construction dédiée spécialement à une cascade, en équipant une barque d'une carrosserie de Citroën DS, le tout étant propulsé par un moteur caché sous la carrosserieo,m. Le montage de l'engin est réalisé par le mécanicien Tony Moreira, qui le pilote ensuite lui-même sur la Seineo,m. Bonne réussite technique, cette invention vaut au mécanicien les félicitations et remerciements du directeur de production Robert Sussfeld, qui omet toutefois de féliciter Rémy Julienne pour son idéeo.

Lors de sa sortie en salles, Le Grand Restaurant a totalisé 3 878 520 entrées, dont 667 659 entrées à Paris8, parvenant à se classer à la huitième position des films ayant fait le plus d'entrées au cours de l'année 1966 et en troisième position des films français de ce même classement8.

 

Un article de Ciné-Monde raconte le tournage du film "Le Grand Restaurant" Film de Jacques Besnard, sorti le 07 septembre 1966

Le document ci-après est paru dans la revue Ciné-Monde, en mars 1966, tandis que Louis de Funès tournait le film "Le Grand restaurant" dans les studios Franstudio de Saint-Maurice et en extérieurs à Val d'Isère et au Parc de Saint-Cloud. Dans cette interview, Louis de Funès parle de son métier, des metteurs en scène avec lequels il a tournés, de ses rôles importants. Le lecteur y découvre également Olivier de Funès qui tourne son deuxième film avec son père, après "Fantomas se déchaîne" l'été précédent.

Sur la photographie ci-dessus réunissant Louis de Funès et Bernard Blier, il semblerait que Jacques Besnard est assis de dos. La personne avec laquelle Louis de Funès discute ressemble étrangement à Denys de La Patellière. Lorsque nous comparons ce cliché avec des photographies prises sur le tournage du "Tatoué" deux ans plus tard, nous retrouvons la même forme du visage, la même coupe de cheveux, le même style de vêtements (col roulé et veste). Le metteur en scène serait-il venu saluer le comédien qu'il a connu sur "Boniface somnambule" et son ami Bernard Blier avec lequel il a tourné "Retour de manivelle", et "Les Grandes familles" ?
Pour comparer, voici deux clichés :

- à Paris en 1965 sur le tournage du "Rififi à Paname" avec Jean Gabin
- à Lyon en 1966 pendant le tournage du "Voyage du père" où le metteur en scène est entouré de Fernandel et Laurent Terzieff.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_Restaurant_(film,_1966)

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