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04 Apr

05 avril 1994: Kurt Cobain

Publié par Yann Sinclair  - Catégories :  #Années 90

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Kurt Cobain


né le 20 février 1967 à Aberdeen

mort le 5 avril 1994 à Seattle

chanteur et le guitariste du groupe de grunge américain Nirvana.
 

Cobain a formé Nirvana en 1987 avec Krist Novoselic.

 

En deux ans, le groupe devint un pilier de la scène grunge de Seattle alors bourgeonnante. En 1991, la sortie du titre Smells Like Teen Spirit marque le début d'un changement radical de la musique populaire des années 1980 (Glam metal, Hard FM et Pop) vers le grunge et le rock alternatif.

 

Durant les dernières années de sa vie, Kurt Cobain a lutté contre son addiction à la drogue ainsi que la pression des médias qui les ont affectés, lui et sa femme Courtney Love. Il est retrouvé mort dans sa maison de Seattle le 8 avril 1994 ; malgré la polémique, la cause officielle de son décès est un suicide par balle.

Il a été classé 11e meilleur guitariste de tous les temps par le "Rolling Stone Magazine"

 

Biographie

Enfance et adolescence

Kurt Cobain naît le 20 février 1967 à Aberdeen dans l'État de Washington, non loin de Seattle[1]. Son père, Donald Leland Cobain, était de descendance irlandaise et française, et sa mère, Wendy Elizabeth Fradenburg, était de descendance irlandaise, allemande et anglaise. Il a une sœur, Kim, de trois ans plus jeune. La famille habite d'abord Hoquiam, puis déménage à Aberdeen alors que Kurt est âgé de six mois.

Le jeune Kurt Cobain s'intéresse très tôt à la musique. Selon sa tante Mari, il commence à chanter des chansons des Beatles dès l'âge de 2 ans[2].

En 1975, ses parents divorcent, un événement qui va le marquer profondément, comme il le répétera souvent dans ses interviews. Selon sa mère, sa personnalité change nettement à partir de ce moment : il devient renfermé, alors qu'il était jusque là un enfant particulièrement extraverti et manifestement heureux de vivre[3]. Dans une interview en 1993, Cobain déclara à propos de cette période : « J'ai eu honte, honte de mes parents, je voulais désespérément avoir une famille classique (…). J'avais besoin de sécurité. »[4].

Après le divorce, Kurt vit avec sa mère dans un premier temps, puis emménage au bout d'un an chez son père à Montesano, non loin d'Aberdeen. Les choses se passent bien dans un premier temps, jusqu'à ce qu'en 1978 Don Cobain se remarie avec une femme qui a déjà deux enfants[5]. Kurt s'entend très mal avec sa nouvelle belle-famille. Une autre source de conflit entre le père et le fils est le désir de Don de voir son fils réussir dans les sports, pour lesquels celui-ci ne montre aucun intérêt. Kurt finit par céder à la pression de Don en s'inscrivant dans l'équipe de lutte de son collège. Il y réussit correctement, mais déteste l'ambiance qui règne dans l'équipe, ainsi que ses coéquipiers sportifs. Au cours d'une compétition, il se venge en se laissant systématiquement vaincre sans combattre, sous le regard dévasté de son père qui était venu pour l'encourager. Ce type d'incidents qui s'ajoute à d'autres et au refus ou à l'incapacité de Kurt de s'intégrer au reste de la famille décourage définitivement Don Cobain, qui envoie son fils vivre chez d'autres membres de sa famille. Au cours des années suivantes, Kurt va ainsi habiter chez une succession d'oncles et de tantes ainsi que chez ses grands-parents paternels, déménageant souvent plusieurs fois au cours d'une même année scolaire[6].

À cette vie de famille chaotique s'ajoutent d'autres facteurs qui rendent l'adolescence de Kurt difficile. Il commence à se rendre compte qu'il a d'autres centres d'intérêt que les jeunes de son âge : s'il déteste le sport, ils s'intéresse bien plus que les autres à tout ce qui concerne les arts, ce qui tend à l'isoler. Il découvre aussi son aversion pour les préjugés courants dans les petites villes où il habite. Ainsi, au lycée son amitié pour un étudiant ouvertement gay fait courir des rumeurs sur sa propre homosexualité, ce qui lui vaut l'hostilité de certains adolescents homophobes. Bien qu'il en conçoive d'abord une certaine fierté (« Je ne suis pas gay, même si j'aimerais bien, juste pour faire chier les homophobes. », écrit-il dans l'un de ses carnets personnels[7]), la pression sociale devient trop forte, et il annonce à contre-cœur à son ami qu'il ne peut plus le voir[8]. Dans une interview accordée en 1993 au magazine The Advocate, Cobain a déclaré qu'il avait l'habitude de peindre à la bombe des slogans tels que « God is gay » (« Dieu est gay ») sur les pick-up autour d'Aberdeen et qu'il a été arrêté en 1985 pour avoir taggé « HOMO SEX RULES » (« Vive le sexe homo ») sur un banc[9]. Cependant, d'après son biographe Charles Cross qui a consulté les archives de la police d'Aberdeen, il avait en réalité écrit « Ain't got no how watchamacallit », phrase absurde jouant sur le nom étrange d'une barre chocolatée[10]

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Photographie prise par la police le 25 mai 1986 lors de l'arrestation de Kurt Cobain pour dégradation

 
 

Cobain finit par trouver un échappatoire à cette vie qui ne le satisfait guère en se passionnant pour la musique, d'abord en découvrant le heavy metal (Aerosmith, Black Sabbath, Kiss,…), puis le punk rock avec des groupes comme Black Flag, MDC ou Flipper. Il fait la connaissance des Melvins, groupe de punk rock basé à Montesano, dont les membres vont devenir ses amis fidèles, et qui influencera plus tard le son de Nirvana.

Au milieu du tenth grade, Kurt emménage à nouveau chez sa mère à Aberdeen. Deux semaines avant la fin de sa dernière année de lycée, il se rend compte qu'il est très loin d'avoir rempli les obligations nécessaires à l'obtention de son diplôme, et décide d'abandonner les études. Il reste chez sa mère sans lui donner l'impression d'envisager de travailler pour contribuer aux dépenses de la maison. Celle-ci décide de lui donner un ultimatum : il doit trouver un travail ou partir. Une semaine plus tard, il retrouve en rentrant ses affaires à l'extérieur de la maison rangées dans des cartons : Wendy Cobain a mis sa menace à exécution[11]. Dans un premier temps, il parvient à se faire ponctuellement héberger chez des amis, voire se glisse discrètement dans la maison de sa mère à l'insu de celle-ci[12]. Grâce à quelques emplois temporaires qu'il trouve à Aberdeen, il finit par gagner de quoi louer un appartement, mais doit le quitter quelques mois plus tard faute de pouvoir payer le loyer[13]. Il affirma plus tard que lorsqu'il ne trouvait pas d'endroit où dormir, il vivait sous un pont au bord de la rivière Wishkah[12], une expérience qui inspira plus tard la chanson Something in the Way, sur l'album Nevermind. Toutefois, le bassiste de Nirvana Krist Novoselic affirma en 2001 que Cobain n'avait jamais réellement vécu à cet endroit, les conditions le rendant impraticables pour dormir[14].

Fin 1986, Cobain s'installe avec Matt Lukin (alors bassiste des Melvins et futur membre de Mudhoney) dans une maison délabrée qu'ils louent[15]. Il paie le loyer en travaillant comme homme à tout faire dans un hôtel à une trentaine de kilomètres de là. À l'époque, il se rend fréquemment à Olympia pour assister à des concerts[16]. Il y rencontre sa première petite amie sérieuse, Tracy Marander. Après leur séparation, c'est également à Olympia qu'il rencontre une autre de ses petites amies, Tobi Vail, du groupe Bikini Kill.

Nirvana

Article détaillé : Nirvana (groupe).

Un oncle de Cobain lui offre sa première guitare pour son quatorzième anniversaire. Dans un premier temps, il s'exerce à reprendre des morceaux connus tels que Back in Black d'AC/DC et My Best Friend's Girl des Cars, avant de très vite commencer à écrire ses propres chansons[17].

Assez vite, il cherche à former un groupe, mais n'y parvient pas immédiatement, ses amis manquant de motivation ou de talent musical. Il enregistre toutefois une démo avec l'un de ces groupes éphémères, Fecal Matter, qu'il forme avec Matt Lukin et Dale Crover (également membre des Melvins où il est batteur). Il finit par rencontrer Krist Novoselic, lui aussi fan de punk rock, et après lui avoir fait écouter la démo le convainc de former un groupe[18]. Après avoir utilisé différents noms, ils optent définitivement pour « Nirvana ».

Pendant les premières années du groupe, Cobain et Novoselic ne parviennent pas à trouver de batteur qui leur convienne, les différents musiciens qui se succèdent dans ce rôle s'avérant soit trop limités musicalement, soit insuffisamment en accord avec leur éthique punk. Le premier à rester relativement longtemps dans le groupe est Chad Channing, avec qui ils sortent leur premier album, Bleach, sur le label indépendant Sub Pop. Cobain finit toutefois par trouver le style de Channing inapproprié pour ses compositions, et celui-ci est remplacé par Dave Grohl. Avec Grohl, le groupe signe sur la major Geffen Records, et explose en 1991 avec l'album Nevermind.

Cobain a du mal à concilier l'énorme succès de Nirvana avec ses racines « underground ». Il s'estime persécuté par les médias, se comparant avec l'actrice maudite Frances Farmer. Il a par ailleurs du mal à accepter que des gens se prétendent fans de Nirvana en étant à l'opposé du message qu'il souhaite faire passer. Il est très choqué d'apprendre que deux hommes ont violé une femme en chantant le titre de Nirvana Polly, qui s'inspire justement d'un fait divers similaire, mais dans le but de dénoncer le viol. Sur la version américaine de l'album Incesticide, il ajoute un commentaire qui condamne violemment les auteurs de ce crime et exprime son dégoût de voir de telles personnes dans son public.

Mariage

Courtney Love rencontre pour la première fois Kurt Cobain après un concert de Nirvana à Portland. Ils n'échangent que quelques mots, mais Love est immédiatement séduite[19]. Selon le journaliste Everett True, ils n'auraient été réellement présentés l'un à l'autre qu'en mai 1991 à un concert L7/Butthole Surfers[20]. Par la suite, en apprenant par Dave Grohl que l'attirance est réciproque, Love cherche à se rapprocher de Cobain. Ils commencent à se voir régulièrement à partir de l'automne 1991, en partie rapprochés par leur usage commun de drogue.

Début 1992, Courtney Love découvre qu'elle est enceinte de Cobain. Le 24 février 1992, quelques jours après la fin d'une tournée de Nirvana sur la côte Pacifique, ils se marient à Hawaii. Leur fille Frances Bean Cobain naît le 18 août 1992. Son nom vient de Frances McKee des Vaselines et non de Frances Farmer comme il est parfois affirmé[21]. Quant à son second prénom, « Bean » (haricot), il fait référence à la forme du bébé sur les échographies pendant la grossesse de Love.

Courtney Love devient assez vite impopulaire parmi les fans de Nirvana. Ses critiques les plus acharnés affirment qu'elle utilise Cobain et veut profiter de sa célébrité pour se faire elle-même connaître. Les journalistes qui voient des similarités entre Cobain et John Lennon aiment aussi à la comparer à Yoko Ono. Une rumeur persistante affirme que Cobain aurait écrit l'essentiel de l'album Live Through This de Hole, qui a véritablement lancé le groupe de Love. Il n'existe aucune preuve décisive de la réalité de cette rumeur. Celle-ci a été relancée avec la découverte en 1996 d'une version de Asking for it (l'un des titres de Live Through This) où Cobain chante les chœurs, puis à nouveau en 1998, lorsqu'il est devenu évident que Old Age, une chanson qui avait toujours été écrite par Hole selon la version officielle était en fait de Cobain. En effet, le journal de Seattle en a découvert une version enregistrée par Nirvana. Alors que la chanson était jusqu'alors uniquement connue comme la face B d'un single de Hole de 1993, Novoselic confirma que Nirvana l'a enregistré dès 1991 et qu'il s'agit bien d'une chanson « de Nirvana ». Old Age aurait même dû être enregistrée aux cours des sessions dédiées à Nevermind, mais resta incomplète, Cobain n'ayant pas réussi à finir les paroles avant la fin de la location du studio d'enregistrement. (L'enregistrement incomplet est paru dans la compilation de Nirvana de 2004 With The Lights Out, où le titre est attribué à Cobain). Du côté de Hole, le guitariste Éric Erlandson a déclaré penser que Cobain est l'auteur de la musique de la chanson, tandis que Love en aurait écrit les paroles (celles-ci sont en effet différentes dans les deux versions)[22].

Dans un article de septembre 1992 paru dans Vanity Fair, Love admet avoir pris de l'héroïne alors qu'elle était enceinte. Elle affirme plus tard que la journaliste a déformé ses propos[23], mais cela ne peut empêcher l'article de causer de nombreux ennuis au couple. Leur relation était déjà relativement médiatisée ; après l'article de Vanity Fair, ils se retrouvent harcelés par des journalistes de tabloïds. Les services sociaux de Los Angeles lancent une procédure judiciaire contre eux, affirmant que leur usage de drogues les rend inapte à élever leur enfant[21]. Alors que leur fille est âgée de deux semaines, elle leur est enlevée pour être confiée à la sœur de Courtney Love. Plus tard, ils parviennent à obtenir à nouveau sa garde, à la condition de se soumettre régulièrement à des tests d'urine afin de prouver qu'ils ne se droguent pas. Enfin, après plusieurs mois de bataille judiciaire, ils obtiennent la garde inconditionnelle de leur fille.

Problèmes liés à la drogue

Pendant la majeure partie de sa vie, Cobain a souffert de dépression, de bronchite chronique et de douleurs intenses à l'estomac. Ce dernier problème l'a tout particulièrement affecté, et il a consulté de nombreux spécialistes dans l'espoir d'obtenir un traitement. Malgré plusieurs hypothèses comme une relation avec la scoliose dont il a souffert dans sa jeunesse ou une conséquence du stress lié à son métier, aucun diagnostic indiscutable n'a pu être établi. Selon Cobain, la seule chose qui l'ait vraiment soulagé est l'auto-médication par la prise d'héroïne.

Cobain prend de l'héroïne pour la première fois en 1986[24]. Il continue à en consommer occasionnellement dans les années qui suivent ; fin 1990, sa consommation est devenue suffisamment régulière pour qu'il développe une réelle addiction au produit. Un an plus tard, sa consommation commence à devenir évidente alors que le groupe entame la promotion de Nevermind. Ainsi, au cours d'une séance de photographies organisée le jour d'une apparition du groupe dans Saturday Night Live, Cobain qui s'est fait une injection juste avant, perd plusieurs fois conscience pendant les prises[25].

Cobain tente de se désintoxiquer pour la première fois début 1992, peu après avoir appris qu'il allait être père. Il part ensuite avec Nirvana pour une tournée en Australie. Souffrant du manque et de ses douleurs à l'estomac, il est très faible physiquement. Les autres membres de la tournée (Grohl, Novoselic, leur entourage réciproque et l'équipe technique qui suit le groupe) supposent que son état est dû au fait qu'il continue à prendre de l'héroïne, ce qui crée une hostilité entre eux et lui. Il finit par aller voir un médecin pour son estomac ; celui-ci lui prescrit des pilules qui s'avèrent être de la méthadone. Peu de temps après être rentré chez lui à la fin de la tournée, il reprend à nouveau de l'héroïne.

Peu avant un concert au « New Music Seminar » de New York, Cobain subit une overdose. Plutôt que d'appeler une ambulance, sa femme préfère lui injecter de la naloxone, une substance connue pour pouvoir être utilisée dans une telle situation. Remis sur pied, il assure le concert sans rien laisser transparaître au public de l'incident[10].

Derniers jours de Cobain

Le 1er mars 1994, après un concert au « Terminal Eins » de Munich, Cobain est diagnostiqué comme soufrant d'une bronchite et d'une sévère laryngite. Le lendemain, il part pour Rome afin d'y être soigné, et est rejoint par sa femme le 3. Le matin suivant, Love en se réveillant s'aperçoit que Cobain a fait une overdose d'une combinaison de champagne et de Rohypnol. Il est rapidement conduit à l'hôpital, où il passe le reste de la journée inconscient. Cinq jours plus tard, il peut quitter l'établissement, et regagne Seattle[26]. Love affirmera plus tard que cet incident était en réalité la première tentative de suicide de son mari[27].

Le 18, Love appelle la police pour les informer que son mari est suicidaire et s'est enfermé dans une pièce avec une arme à feu. Des policiers se rendent sur place, et enlèvent plusieurs armes et une boîte de pilules à Cobain. Celui-ci insiste sur le fait qu'il n'est pas suicidaire, et s'est simplement enfermé dans la pièce afin de se cacher de sa femme. Interrogée à son tour, Love admet que Cobain n'avait pas évoqué de suicide, et qu'elle ne l'avait pas vu avec une arme[28].

Le 25 mars, Love organise pour son mari une « intervention », technique utilisée aux États-Unis où des amis et membres de la famille d'une personne se réunissent en sa présence afin de la convaincre de suivre un traitement pour un problème, le plus souvent lié à une dépendance, en l'occurrence à l'héroïne. Les personnes présentes sont notamment son ami Dylan Carson, des amis musiciens, et des cadres de sa maison de disque. L'ancien manager de Nirvana Danny Goldberg, qui était présent, a décrit Cobain comme « extrêmement réticent » et « niant avoir un comportement auto-destructeur ». Cependant, à la fin de la journée, il accepte de commencer un programme de désintoxication[29]. Le 30 mars, Cobain entre à l'Exodus Recovery Center de Los Angeles. La nuit suivante, il sort pour fumer une cigarette, puis escalade un mur pour s'échapper de l'établissement. Il prend un taxi pour se rendre à l'aéroport, où il prend l'avion pour Seattle. Les jours suivants, il est aperçu par plusieurs personnes, mais sa famille et ses amis ignorent où il se trouve. Le 3 avril, Courtney Love engage le détective Tom Grant, et le charge de retrouver son mari. Le lendemain, la mère de Cobain remplit un avis de recherche le concernant. Le texte du rapport précise qu'il est suicidaire et a acheté un fusil de chasse[30].

Le 8 avril 1994, un électricien nommé Gary Smith découvre le corps de Cobain dans la pièce située au-dessus du garage (souvent appelée « la véranda ») de sa maison du Lac Washington. Smith, arrivé dans la matinée pour effectuer des travaux de maintenance, avait aperçu le corps depuis l'extérieur. Ne voyant pas de signes apparents de violence sur le corps à part un peu de sang à l'oreille, il pense dans un premier temps que Cobain n'est qu'endormi avant de comprendre son erreur. Il découvre ensuite sous un pot de fleur un texte qu'il suppose être une lettre expliquant un suicide. Un fusil, acheté pour Cobain par son ami Dylan Carlson, est découvert à côté du corps. Le rapport de l'autopsie pratiquée par la suite conclut à un suicide d'une balle dans la tête. La date de la mort est estimée au 5 avril 1994.

Dans la lettre d'adieu présumée, qui s'adresse à « Boddah », l'ami imaginaire d'enfance de Cobain, celui-ci cite une phrase de la chanson My My, Hey Hey (Out Of The Blue) de Neil Young : « It's better to burn out than to fade away. », soit : « Mieux vaut brûler franchement que s'éteindre à petit feu. ». Young en a été profondément marqué, et a écrit une partie de son album de 1994 Sleeps with Angels en mémoire de Cobain. Le 10 avril, une veillée accessible au public est organisée au parc d'attraction « Seattle Center » ; environ 7000 personnes y assistent[31]. Des messages pré-enregistrés de Krist Novoselic et Courtney Love y sont diffusés. Dans son intervention, Love lit des parties de la lettre d'adieu, en les commentant, reprochant à Cobain sa décision. Vers la fin de la veillée, elle y fait une apparition, distribuant des vêtements qui ont appartenu à Cobain à ceux qui restaient[32]. Le corps de Kurt Cobain a été incinéré. Il est entré dans le 27 Club regroupant les figures de la musique décédées à 27 ans.

Controverse autour de sa mort

Voici le contenu de sa lettre de suicide[33] :

« À Boddah (Boddah est l'ami imaginaire qu'il s'était créé)

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Lettre de suicide de Kurt Cobain

 
 

Parlant du point de vue d'un niais qui en a vu et qui, visiblement, préférerait être un gamin émasculé, cette lettre devrait être assez facile à comprendre. Tous les avertissements qui m'ont été donnés, au gré des quatre cents coups du punk rock, depuis ma découverte, dirons-nous, de l'éthique qu'impliquaient l'indépendance et l'embrassement de votre communauté, se sont avérés justifiés. Je n'ai plus ressenti d'excitation à écouter de la musique ni même à en créer depuis maintenant trop d'années. Je me sens coupable de tout cela bien au-delà des mots. Par exemple, lorsque nous sommes en coulisses, que les lumières s'éteignent et que les hurlements frénétiques de la foule commencent à se faire entendre, cela ne me touche plus autant qu'un Freddie Mercury, qui semblait adorer et se délecter de l'amour et de l'adoration que cette foule lui témoignait, ce que j'admire et envie totalement. Le fait est que je ne peux pas vous tromper, aucun d'entre vous. Cela n'est honnête ni pour vous ni pour moi. Le pire crime auquel je puisse penser serait de duper les gens en prétendant que je m'amuse encore à 100 %. Parfois, j'ai l'impression que c'était comme si je pointais avant de monter sur scène. J'ai essayé tout ce qui était en mon pouvoir pour y prendre plaisir (et j'y prends effectivement plaisir, mon dieu croyez moi, j'y prends plaisir, mais pas suffisamment). Je me réjouis d'avoir touché et diverti tant de gens. Je dois être l'un de ces narcissiques qui n'apprécient les choses que lorsqu'elles ne sont plus. Je suis trop sensible. J'ai besoin d'être légèrement engourdi pour retrouver l'enthousiasme de mon enfance. Au cours de nos trois dernières tournées, j'ai pu apprécier bien mieux tous les gens que j'ai croisés et les fans ; mais je ne parviens toujours pas à surmonter la frustration, la culpabilité et l'empathie que j'éprouve à l'égard de tout le monde. Il y a de la bonté en chacun de nous et je pense que j'aime tout simplement trop les gens. Tant et si bien que ça me rend foutrement triste. La tristesse, Petit Jésus indifférent né sous le signe du poisson...Pourquoi ne pas simplement se réjouir ? Je ne sais pas. J'ai une femme divine qui transpire l'ambition et la compassion et une fille qui me rappelle trop ce que j'ai été, plein d'amour et de joie, qui embrasse chaque personne qu'elle croise parce que chacun est bon et ne lui fera pas de mal. Et ça me terrifie au point que je peux difficilement fonctionner. Je ne peux pas me faire à l'idée que Frances puisse devenir le rocker misérable, autodestructeur et suicidaire que je suis aujourd'hui. J'éprouve de la reconnaissance, mais dès l'âge de sept ans, j'ai commencé à haïr l'être humain en général. Simplement parce que ça semble si facile pour les gens de s'en aller avec la compassion. Seulement parce que j'aime trop les gens et que je me montre trop compatissant envers eux, je crois. Je vous remercie tous, depuis le gouffre brûlant de mon estomac nauséeux, pour vos lettres et l'intérêt que vous m'avez accordé ces dernières années. Je suis quelqu'un de trop erratique, de trop instable. Je n'ai plus de passion, alors rappelez-vous : il vaut mieux brûler franchement que s'éteindre à petit feu. Paix, amour, compassion. Kurt Cobain.

Frances et Courtney, je vous adorerai toujours. S'il te plaît, Courtney, continue pour Frances, pour que sa vie soit bien plus heureuse sans moi. JE VOUS AIME. JE VOUS AIME !!! »

Dans cette lettre, Cobain cite un texte de la chanson Hey Hey, My My de Neil Young : « It's better to burn out than fade away » (« Mieux vaut exploser en vol que s'éteindre à petit feu »). Young en est bouleversé d'autant que les deux artistes s'appréciaient beaucoup[34].

La cause de la mort de Kurt Cobain a été officiellement jugée comme étant un suicide. Cependant, plusieurs théories ont été émises selon lesquelles il s'agirait en réalité d'un meurtre.

Thèses de Tom Grant

Le principal partisan de la thèse d'un complot est Tom Grant, le détective privé engagé par Love pour retrouver son mari après sa disparition du centre de desintoxication. Grant était toujours employé par Love lorsque le corps a été retrouvé. Selon lui, la cause de la mort est plutôt un homicide.

Les principaux arguments de Grant sont les suivants :

  • La quantité d'héroine présente dans le corps
Grant cite un chiffre publié dans un article du Seattle Post-Intelligencer du 14 avril 1994, censé provenir du rapport toxicologique officiel : le taux d'héroïne présent dans le flux sanguin aurait été de 1,52 mg/L[35]. Grant affirme que Cobain aurait été dans l'incapacité de se suicider avec un fusil après s'être injecté une telle dose[36].
Cependant, plusieurs études concernant l'héroine ont montré la difficulté d'évaluer la dose qu'un toxicomane peut tolérer. En 2004, dans l'émission Dateline NBC (magazine d'actualité de la chaîne américaine NBC), cinq médecins légistes ont été interrogés à propos du taux contenu dans le rapport toxicologique. Deux d'entre eux ont évoqué la possibilité que Cobain ait développé une tolérance suffisante pour appuyer sur la détente malgré la dose massive, tandis que les trois autres ont déclaré qu'ils disposaient de trop peu d'information pour trancher[37].
Grant ne croit pas que Cobain ait été tué par la dose d'héroine, mais suggère qu'elle lui aurait été injectée pour l'empêcher de se défendre pendant que le meurtier l'aurait abattu[38].
  • La lettre d'adieu
Pendant son travail au service de Love, Grant a eu accès à l'original de la lettre d'adieu de Cobain. Il en a fait une copie, qui a depuis largement circulé. Selon Grant,Cobain n'aurait pas voulu faire dans cette lettre ses adieux à ses proches avant de se suicider, mais plutôt y annoncer son intention de quitter Courtney Love, Seattle, et l'industrie de la musique. Grant pense que les dernières lignes sont les seules qui évoquent véritablement un suicide, et que leur style diffère considérablement du reste du texte, suggérant qu'elles auraient pu être écrites par quelqun d'autre. La version officielle à l'issue de l'enquête officielle est que Cobain a bien écrit la lettre, conclusion rejetée par Grant car le rapport mentionne le texte dans son ensemble et qu'aucune attention particulière ne semble avoir été porté aux lignes « douteuses ».
Grant affirme que sa thèse est soutenue par plusieurs experts en écriture. Cependant, d'autres experts se sont montré d'un avis contraire. Sur les quatre experts consultés par Dateline NBC, un a affirmé que l'ensemble de la lettre était de la main de Cobain, les trois autres ayant affirmé ne pas disposer de suffisamment de matière pour se prononcer[37]. Un expert interrogé pour l'émission Unsolved Mysteries a fait remarquer la difficulté de se prononcer étant donné que le document étudié était une photocopie et non l'original[39].
  • La taille du fusil
Grant affirme que si le fusil utilisé par Cobain était placé comme indiqué dans le rapport d'autopsie, son bras aurait été trop court pour qu'il puisse appuyer sur la détente. Selon cette théorie, il aurait été obligé d'actionner le fusil avec ses pieds, ce qui n'est pas possible car il a été retrouvé chaussures au pied.
  • Le rapport de police
Grant critique également plusieurs éléments du rapport d'enquête officiel. Par exemple, il y est écrit que les portes de la serre ne peuvent être fermées à clé de l'extérieur, ce qui implique que Cobain ait dû les fermer lui-même. Grant affirme que lorsqu'il a lui-même examiné ces portes il a constaté qu'elles peuvent bien être fermées à clé de l'extérieur. Il met également en cause le manque d'empreintes digitales reliant Cobain aux éléments matériels principaux, en particulier au fusil. Plusieurs experts ont répondu qu'il y a déjà eu des cas de suicides indiscutables où l'arme utilisée ne comportait pas d'empreintes. Cependant, Grant ajoute que selon le rapport, la lettre de suicide et le stylo utilisé ne comportaient pas plus d'empreintes, alors que Cobain a été retrouvé sans gants aux mains. Aucun de ces éléments ne vont particulièrement dans le sens d'un meurtre, mais Grant estime qu'ils renforcent d'une manière générale sa thèse[40].
  • L'incident de Rome
Après la mort de Cobain, Courtney Love a déclaré à de nombreuses reprises que l'overdose à Rome était en réalité une tentative de suicide[27]. Grant fait remarquer que juste après l'événement, les proches de Cobain, comme l'entreprise de management de Nirvana Gold Mountain, ont spécifiquement nié toute interprétation allant dans ce sens. Il pense que si Rome avait vraiment été une tentative de suicide, les amis et la famille de Cobain auraient été prévenus afin qu'ils gardent un oeil sur lui par la suite.
D'autres ont toutefois plutôt interprété les déclarations de Gold Mountain et autres après Rome comme un effort pour cacher ce qui se passait réellement. Lee Ranaldo, guitariste de Sonic Youth, déclara à Rolling Stone : "Rome a juste été la dernière tentative de [l'entourage de Cobain] de créer une apparence de normalité pour le bénéfice du monde extérieur"[41]
  • Rosemary Carroll
Grant dit avoir eu une conversation avec Rosemary Carroll, l'avocate de Cobain le 13 avril 1994 au cours de laquelle elle l'aurait incité à enquêter sur la mort de Cobain, affirmant que pour elle il n'était pas suicidaire. Elle aurait également expliqué à Grant que Cobain lui avait demandé de préparer un testament excluant Love de sa succession, car il s'apprétait à lancer une procédure de divorce. Grant pense qu'il s'agit du mobile du meurtre[42]. Carroll n'a fait aucun commentaire public sur ce sujet.

Les détracteurs de Grant rejettent ses thèses en soulignant qu'une grande partie de ses arguments sont purement circonstanciel et ne prouvent pas qu'il s'agit d'un meurtre. D'autres l'accusent d'opportunisme, notant qu'il vend des "kits" à propos du supposé complot sur son site Web. Grant a répondu à ces critiques que tout le bénéfice qu'il en tire sert à financer ses enquêtes[43].

Le film Kurt and Courtney

Le réalisateur Nick Broomfield, décidé à effectuer ses propres investigations sur l'affaire, a rencontré plusieurs personnes de l'entourage de Cobain et Love, dont le père de celle-ci, la tante de Cobain, et une ancienne baby-sitter du couple. Broomfield a également interviewé le leader du groupe The Mentors, Eldon Hoke dit « El Duce », qui prétendait que Love lui aurait offert 50 000 dollars pour tuer son mari, affirmation qu'il a répété sans déclencher le détecteur de mensonge de l'expert Edard Gelb.[44]. Hoke a également prétendu savoir qui aurait tué Kurt Cobain, sans toutefois citer de nom. À son insu, Broomfield a réalisé la dernière interview d'El Duce, qui a été retrouvé mort quelques jours plus tard, apparemment écrasé par un train alors qu'il était en état d'ivresse. Broomfield a monté ses travaux dans un documentaire sorti en 1998 sous le titre Kurt and Courtney.

Malgré ses enquêtes consacrées à la théorie du complot, Broomfield a conclu qu'il n'avait pas trouvé de preuves de l'existence d'un meurtre. Au contraire, il déclara dans une interview de 1998 penser que Cobain s'est bien suicidé, suggérant que l'entourage de Cobain, en particulier Love, a fait preuve de négligence[45].

Les livres de Wallace et Halperin

Les journalistes Ian Halperin et Max Wallace ont effectué une démarche proche de celle de Broomfield en enquêtant sur la possibilité d'un complot. Leur position initale exprimée dans leur premier livre sur le sujet, Who Killed Kurt Cobain?, sorti en 1999, est qu'il n'y a pas suffisamment de preuves pour affirmer qu'il 'agit d'un meurtre, mais largement assez pour justifier la réouverture d'une enquête officielle. Ils ont notamment longuement interrogé Grant, qui a enregistré pratiquement toutes les conversations qu'il a eues pendant qu'il était employé par Love. En particulier, Halperin et Wallace ont pu écouter les enregistrements de ses entrevues avec Carroll et confirmer ses dires. Par la suite, ils ont collaboré avec Grant pour écrire un second livre, Love and Death: The Murder of Kurt Cobain, sorti en 2004.

Pour leurs livres, Halperin et Wallace ont contacté plusieurs personnes qui ont joué un rôle dans les événements entourant la mort de Cobain. Ils ont ainsi interrogé le docteur Osvaldo Galletta, qui a soigné Cobain après l'incident de Rome. Celui-ci a contesté l'hypothèse d'une tentative de suicide, affirmant être habitué à reconnaître les tentatives de suicide, ce qui n'était pas son impression dans ce cas. Il a également dénié les affirmations de Love selon laquelle 50 pilules de rohypnol auraient été extraites de l'estomac de Cobain[46].

Les deux journalistes ont également pu s'entretenir avec plusieurs personnes qui ont participé à l'enquête officielle et réfutent toute idée de complot. Le médecin légiste qui a examiné le corps, le docteur Nikolas Hartshorne, a insisté sur le fait que toutes ses observations pointaient dans la direction du suicide. Le sergent Donald Cameron, l'un des inspecteurs chargés de l'enquête, a spécifiquement rejeté les théories de Grant, déclarant que celui-ci n'a fourni aucune preuve que la mort de Cobain puisse être autre chose qu'un suicide. Le meilleur ami de Cobain, Dylan Carlson, a dit à Halperin et Wallace qu'il ne croit pas à la théorie du complot.

L'avis des proches

Courtney Love, la veuve de Kurt Cobain, est persuadée que son mari s'est suicidé, ainsi qu'elle a évoqué dans de nombreuses interviews. La plupart des amis et de l'entourage de Cobain (comme Lee Ranaldo ou Dylan Carlson, cités plus haut, mais aussi Krist Novoselic) partagent cet avis. Kim Gordon de Sonic Youth est la seule amie de Cobain à avoir publiquement déclaré qu'elle croyait à la thèse de l'assassinat. Elle a par ailleurs affirmé que d'autres proches partagent son opinion[47].

Influence et hommages

Influences

Cobain était un grand amateur de la scène rock alternative, notamment des groupes qui ont précédé l'avènement de Nirvana et n'ont pas bénéficié de la même exposition. Il a commencé à s'y intéresser après avoir fait la connaissance de Buzz Osborne, qui lui a fait écouter des disques de Black Flag, Flipper, Millions of Dead Cops, etc. Dans ses interviews, il citait fréquemment des groupes qui ont eu une influence importante sur sa musique et celle de Nirvana. Il a ainsi fait régulièrement référence à des artistes plus ou moins obscurs tels que The Vaselines, The Melvins, Daniel Johnston, Meat Puppets, Young Marble Giants,

p://fr.wikipedia.org/wiki/The_Wipers">The Wipers, Flipper, et The Raincoats. Il a aussi convaincu ses maisons de disque de ressortir des anciens albums des Raincoats (Geffen Records) et des Vaselines (Sub Pop).

Cobain a également explicitement reconnu l'influence des Pixies sur le son de Nirvana, en particulier sur Nevermind. Il déclara en 1992 au Melody Maker que c'est l'écoute de Surfer Rosa qui le persuada d'abandonner l'écriture de morceaux influencés par Black Flag pour un style plus proche de Iggy Pop / Aerosmith[48].

Cobain s'est efforcé d'associer des musiciens qu'il appréciait à Nirvana en différentes occasions. Ainsi lorsqu'en 1993 il décide qu'il a besoin d'un second guitariste pour l'épauler sur une tournée, il fait appel à Pat Smear, du groupe punk culte The Germs. Pour l'enregistrement du passage de Nirvana dans MTV Unplugged, lorsque les répétitions de reprises des Meat Puppets s'avèrent difficiles, il fait appel aux deux membres principaux du groupe, les frères Curt et Kris Kirkwood, qui vont finalement jouer avec Nirvana pendant l'émission.

Un peu comme Sonic Youth avait servi de parrains à Nirvana, Nirvana essaya d'aider d'autres groupes indépendants à connaître un plus grand succès. C'est par exemple l'esprit du single Oh, the Guilt, qui comporte un titre de Nirvana et un titre de The Jesus Lizard.

Cobain a également été très tôt influencé par The Beatles. Il a en particulier exprimé une admiration pour John Lennon, dont il parle comme de « son idole » dans ses journaux[7]. Il a ainsi déclaré que About A Girl revenait à une tentative d'écrire une chanson dans l'esprit des Beatles.

En dépit de toutes les influences « indies » de Cobain, son style d'écriture, particulièrement aux débuts de Nirvana, était également influencé par les grands groupes rock des années 1970 : Led Zeppelin, Black Sabbath, Kiss, et Neil Young. Ainsi, l'un des premiers enregistrements de Nirvana est une reprise de Do You Love Me? de Kiss sur une compilation en hommage au groupe.

Héritage

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Panneau situé à l'entrée d'Aberdeen


En 2005, un panneau a été installé à l'entrée d'Aberdeen (Washington), où l'on peut lire : Welcome to Aberdeen - Come As You Are, en hommage à Cobain. Le panneau a été créé et payé par le Kurt Cobain Memorial Committee, une association sans but lucratif créée en mai 2004 avec pour objet d'honorer sa mémoire. L'association projette de créer un parc public et un centre pour la jeunesse à Aberdeen.

Cobain n'ayant pas de pierre tombale, certains fans se rendent à Viretta Park près du Lac Washington pour s'y recueillir. Le jour anniversaire de sa mort, certains se réunissent dans ce parc pour célébrer sa mémoire.

La nature mythique de la vie de Cobain a attiré l'attention de réalisateurs de cinéma. Gus Van Sant a basé son film de 2005 Last Days sur une version inventée de ce qu'ont pu être les dernières heures de sa vie. En janvier 2007, Courtney Love a commencé à démarcher les studios de cinéma d'Hollywood afin de faire réaliser une adaptation de la biographie Heavier Than Heaven.

Des enregistrements originaux de Cobain ont été utilisés pour réaliser la voix off d'un documentaire sur sa vie intitulé Kurt Cobain About a Son. Ces enregistrements sont issus des interviews réalisées par Michael Azerrad pour son livre de 1993 Come as You Are: The Story of Nirvana. Réalisé par AJ Schnack, le documentaire a été présenté en 2006 au festival international du film de Toronto.

Cobain a été cité comme influences des groupes tels que The Knack, Boston, et The Bay City Rollers. D'autres musiques plus anciennes l'ont par ailleurs inspiré : le concert unplugged de Nirvana sur MTV s'est terminé par une version de Where Did You Sleep Last Night, un titre popularisé par le bluesman Leadbelly, fréquemment cité par Cobain comme l'un de ses artistes favoris.

La chanson Tearjerker (album One Hot Minute) des Red Hot Chili Peppers est un hommage rendu à Kurt où Anthony Kiedis chante à sa mémoire. Le groupe connaissait Kurt pour avoir fait la première partie de leurs concerts au début des années 1990[49].

Kurt Cobain continue à avoir de nombreux fans et à en gagner à mesure que de nouvelles générations découvrent sa musique. 8 ans après sa mort, le titre inédit issu de la dernière session d'enregistrement de Nirvana You Know You're Right est devenu un hit. Nevermind, un album qui a marqué un tournant dans l'histoire de la musique alternative et du rock'n roll, est régulièrement cité dans les listes de meilleurs albums de tous les temps établies dans le monde entier.

En 2003, Rolling Stone l'a classé 12e meilleur guitariste de tous les temps[50].

Livres sur Kurt Cobain

Avant la mort de Cobain, l'écrivain Michael Azerrad a publié Come as You Are: The Story of Nirvana, un livre qui raconte la carrière de Nirvana depuis ses débuts, ainsi que la vie des membres du groupe. Le livre traite notamment des problèmes de drogue de Cobain et des controverses liées au groupe. Après la mort de Cobain, Azerrad a écrit une mise à jour du livre incluant un dernier chapitre sur la dernière année de la vie du chanteur. Le livre se base sur de nombreuses interviews avec les membres du groupe. En 2006, les conversations entre Cobain et Azerrad pour le livre ont été utilisées comme base d'un documentaire intitulé Kurt Cobain About a Son. Ses entretiens préliminaires serviront pour le documentaire de AJ Schnack Kurt Cobain About a Son. Heavier Than Heaven de Charles R. Cross, sorti en 2001 et qui servira de base au biopic (film biographique) éponyme dont Courtney Love est co-productrice.

En 2001, l'écrivain Charles Cross a publié une biographie de Cobain intitulée Heavier Than Heaven, Plus lourd que le ciel pour la tradiuction française. Cross a réalisé plus de 400 interviews pour le projet ; Love lui a donné accès à des documents personnels de Cobain : feuilles de parole, journaux intimes et carnets de note[51]. Toutefois, ni Dave Grohl ni la mère de Cobain n'ont contribué à la réalisation du livre[52].

Le livre a été globalement bien accueilli en particulier pour la grande quantité de recherches effectuée par Cross, mais a aussi parfois été critiqué pour son inclusion indiscriminée d'une grande masse d'informations, dont certaines erreurs factuelles[53]. Par exemple, Cross a écrit dans le livre que le premier titre de l'inédit posthume You Know You're Right était On the Mountain. La source de l'information est une tentative par des fans de comprendre les paroles de Dave Grohl introduisant le titre dans un concert de 1993. Quand un enregistrement de meilleur qualité de ce concert a été découvert, il est apparu que Grohl avait annoncé All Apologies, autre chanson du groupe. Cross a d'autre part été critiqué pour son portrait flatteur de Courtney Love[53], et pour son manque d'esprit critique par rapport aux affirmations de celle-ci. Il a ainsi écrit que Love aurait contribué à la chanson de Nirvana Pennyroyal Tea. Or celle-ci a été écrite en avril 1991, plusieurs mois avant qu'elle et Cobain ne commencent à sortir ensemble, et la chanson n'a que peu évolué entre sa création et son enregistrement pour In Utero[53].

Cobain tenait un journal intime, dont il a laissé 22 volumes à sa mort. En novembre 2002, une partie de ces écrits ont été publiés sous le titre Journals. Le livre inclut des textes écrits entre la fin des années 1980 (ce qui correspond plus au moins aux débuts de Nirvana) et 1994. Cobain y évoque divers sujets : les hauts et les bas de la vie en tournée, la musique qu'il appréciait, des idées de paroles pour de nouvelles chansons.

Parmi les autres hommages qui lui ont été rendus, peut citer Asphyxie, premier roman d'Ann Scott, paru aux Éditions Florent Massot en 1996 et très largement inspiré du parcours de Cobain et de son groupe, ou encore une bande dessinée, Godspeed, Une vie de Kurt Cobain ( Éditions Flammarion, réalisée par Barnaby Legg, Jim McCarthy et dessinée par Flameboy), qui raconte la vie de Cobain depuis son enfance, en images.

Notes et références

  1. Michael Azerrad, Come as You Are: the Story of Nirvana, p. 13
  2. Gillian Gaar, Verse Chorus Verse: The Recording History of Nirvana, Goldmine Magazine, février 1997
  3. Azerrad, p.17
  4. Biographie de Nirvana [archive], Music Story ; extrait d'une traduction d'un article de Jon Savage, Kurt Cobain: The Lost Interview, paru dans Guitar World en 1997.
  5. Azzerad, p. 19
  6. Azerrad, p.22
  7. a et b Le journal de Kurt Cobain, Kurt Cobain, traduction de Laurence Romance, novembre 2002
  8. Azerrad, p.33
  9. Kevin Allman, "The Dark Side of Kurt Cobain [archive]". The Advocate. Février 1993.
  10. a et b Charles R. Cross, Kurt Cobain : plus lourd que le ciel, éditions Camion Blanc, 385 p., 2003, ISBN 2910196291
  11. Azerrad, p. 35
  12. a et b Azerrad, p. 37
  13. Azerrad, p. 35-37
  14. (en)Charles R. Cross, Requiem for a Dream., Guitar World, Octobre 2001
  15. Azerrad, p.43
  16. Azerrad, p. 46
  17. Azerrad, p. 22
  18. Azerrad, p. 45
  19. Azerrad, p. 169
  20. Everett True, "Wednesday 1 March" [archive], Plan B Magazine Blogs, entrée du 1er  mars 2006
  21. a et b Azerrad, p. 270
  22. (en)LIVE NIRVANA SESSIONS HISTORY: Spring 1991-Fall 1992 [archive]
  23. Azerrad, p. 266
  24. Azerrad, p. 41
  25. Azerrad, p. 241
  26. (en) Ian Halperin et Max Wallace, Who Killed Kurt Cobain?, Birch Lane Press, 1998 (ISBN 1-55972-446-3) 
  27. a et b (en)David Fricke, Courtney Love: Life After Death [archive], Rolling Stone, 15 décembre 1994.
  28. Police de Seattle, « Incident Report - March 18 [archive] », 1994. Consulté le 06/06/2007
  29. Seattle Times, « Questions Linger After Cobain Suicide [archive] », 1994. Consulté le 06/06/2007
  30. Police de Seattle, « Missing Person Report [archive] », 1994. Consulté le 06/06/2007
  31. Azerrad, p. 346
  32. Azerrad, p. 350
  33. (en) La lettre de suicide [archive]
  34. Olivier Nuc, Neil Young, Librio musique, 2002, page 64.
  35. Mike Merritt et Scoot Maier, Cobain Lay Dead for 3 Days, Seattle Post-Intelligencer, 14 avril 1994
  36. Halperin, Ian & Wallace, Max (1998). Who Killed Kurt Cobain?. Birch Lane Press. ISBN 1-55972-446-3. p. 113
  37. a et b Lauer, Matt. "More questions in Kurt Cobain death?" Dateline NBC. 5 avril 2004
  38. Halperin & Wallace, p. 116
  39. Halperin & Wallace, p. 112
  40. Halperin & Wallace, p. 121
  41. "Rome was only the latest installment of [those around Cobain] keeping a semblance of normalcy for the outside world."Strauss, Neil. "The Downward Spiral". Cobain: By the Editors of Rolling Stone. 1994.
  42. Halperin & Wallace, p. 119
  43. Halperin & Wallace, p. 126
  44. George W. Maschke. "Polygraph Operator 'Dr.' Edward I. Gelb Exposed as a Phony Ph.D." [archive], AntiPolygraph.org, June 16, 2003: "Gelb is a past president, executive director, and chairman of the board of the American Polygraph Association and in 1998 earned the association's Leonarde Keeler Award 'for long and distinguished service to the polygraph profession.'"
  45. Miller, Prairie. "Kurt and Courtney: Interview with Nick Broomfield [archive]". Minireviews.com. 1998
  46. Halperin & Wallace, p. 89.
  47. Dalton, Stephen. "Suicide Blond [archive]." Uncut Magazine August 2005. Beautifully Scarred. Accessed on August 24, 2005
  48. (en)Kurt Cobain, Kurt Cobain of Nirvana Talks About the Records That Changed His Life, Melody Maker, 29 août 1992
  49. Sources : Scar Tissue, livre autobiographique du chanteur des Red Hot Chili Peppers, Anthony Kiedis.
  50. (en)The 100 Greatest Guitarists of All Time [archive], Rolling Stone, 18/09/2003.
  51. Heavier than Heaven: A Biography of Kurt Cobain [archive]
  52. vanHorn, Terri. "Cobain Book Shows Singer's Life 'Heavier' Than Most Imagined" [archive]. MTVNews.com. September 10, 2001.
  53. a, b et c Furth, Charles. "A Review: Heavier Than Heaven - The Biography of Kurt Cobain" [archive]. LiveNirvana.com. 14 janvier 2003


 



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