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25 Feb

25 février 1985: Marianne Oswald

Publié par Histoire de la Chanson  - Catégories :  #1985

http://www.chansons-net.com/class-O/CD-images/CD-oswald.jpg

Marianne Oswald

 

nom de scène de Sarah Alice Bloch

 

chanteuse et actrice française

 

née le 9 janvier 1901 à Sarreguemines (en allemand Saargemünd, ville allemande dans l'ancien Reichsland d'Alsace-Lorraine à la frontière avec l'Allemagne) en Moselle 

 

morte le 25 février 1985 à Limeil-Brévannes, dans le Val-de-Marne.

 

Biographie

Née d'un père catholique lorrain et d'une mère catholique convertie issue d'une ancienne famille juive d'Alsace, Marianne Oswald est orpheline à l'âge de seize ans et est envoyée en pension à Munich.


Marianne Oswald entame sa carrière de chanteuse dans les années 1920, dans les cabarets de Berlin, après avoir été opérée d'un goitre thyroïdien, selon ses termes « après s'être fait trancher la gorge »1.


En 1931, du fait de la montée du parti nazi et de la menace qu'il faisait peser, elle s'exile à Paris, où elle introduit dans la chanson française des techniques propres à l'expressionnisme allemand. Elle séduit par sa diction très particulière, son « parlé-chanté » brechtien, un accent mi-patois-mosellan, mi-allemand, sa voix tour à tour brute et tendre.


Elle enregistre en juin 1932, pour la firme Salabert, ses deux premières chansons : En m'en foutant et Pour m'avoir dit je t'aime, avec le pianiste Henri Monfreid. Elle se produit au Bœuf sur le toit où elle chante les chansons de Bertolt Brecht et Kurt Weill : La Complainte de Mackie, La Fiancée du pirate, Le Chant des canons, Sourabaya Johnny... Sa voix plaît à Jean Bérard, président de Columbia France, qui lui fait enregistrer ces deux dernières chansons ainsi que deux autres de Jean Tranchant, La Complainte de Kesoubah et Le Grand Étang. En mars 1934, elle enregistre encore Le Jeu de massacre, chanson d'Henri-Georges Clouzot sur une musique de Maurice Yvain.


C'est la même année que Jean Cocteau lui écrit Anna la bonne, « chanson parlée » qui sera suivie par La Dame de Monte-Carlo en 1936. Anna la bonne donnera également lieu, en 1958, à un court-métrage éponyme de Claude Jutra.


En 1934, Marianne Oswald chante à Pleyel la chanson Appel, de Jean Tranchant. Elle est sifflée, mais Jacques Prévert prend sa défense avec quelques amis. De cette rencontre naî une collaboration fertile entre le poète et la chanteuse : dès avril 1935, elle enregistre Embrasse-moi, sur une musique de Wal-Berg.


Pendant l'été 1934, un fait-divers scandalise Jacques Prévert : une trentaine d'enfants s'étant évadés du bagne de Belle-Île-en-Mer en réponse aux violences des surveillants du réfectoire, l'administration propose une prime de vingt francs pour chaque enfant capturé ; les badauds et les touristes se joignent au personnel du bagne pour leur donner la chasse. Prévert réagit en écrivant d'une traite le poème Chasse à l'enfant, mis en musique par Joseph Kosma et enregistré par Marianne Oswald le 20 octobre 1936. Prévert a aussi l'intention de tirer de l'anecdote un film, mais celui-ci ne voit jamais le jour.


En décembre 1937, le contrat d'exclusivité de Marianne Oswald chez Columbia prend fin avec une autre chanson de Prévert et Kosma, Les Bruits de la nuit.


En 1938, elle entame une carrière d'actrice dans Le Petit Chose de Maurice Cloche avec Arletty. Puis, de 1940 à 1946, elle s'exile aux États-Unis où elle se produit dans les cabarets et à la radio.


De retour à Paris, elle joue de nouveau au cinéma, dans Les Amants de Vérone (1949) et plus tard dans Le Guérisseur (1954), Notre-Dame de Paris (1956), Montparnasse 19 et Sans famille (1958)


Elle se consacre ensuite à la production d'émissions télévisées pour enfants, elle intervient également à la radio, sur Paris Inter (Terre des Enfants dans l'émission les Beaux Jeudis de Maurice Pauliac)


Marianne Oswald meurt le 25 février 1985 à Limeil-Brévannes, dans le Val-de-Marne.

Hommages

  • « Je suppose que c'est cette puissance rouge d'incendie, de mégot, de torche, de phare, de fanal, qui l'habite, cet acharnement de braise, cette haleur de gaz d'acétylène, de magnésium et de lampe à souder, qui forment l'efficacité de cette chanteuse, de cette mime que bien des esprits repoussent, mais qui s'impose malgré tout. » (Jean Cocteau - Mes Montres sacrés - Encre 1979)[Où ?]
  • « Elle chante des chansons réalistes, cependant elle dépasse le réalisme, elle ne fait pas semblant, elle transpose, elle taraude l'âme humaine, elle dessine au burin. » (Louis Léon Martin, Petit Parisien, 10 décembre 1933)[Où ?]

Reprises

  • Mon oncle a tout repeint est repris par Jean Guidoni en 1980 (uniquement en concert et lors des "bis")
  • Toute seule est repris par Jean Guidoni en 1986 (théâtre des Bouffes du Nord)
  • Jeu de massacre est repris par Juliette Noureddine en 1993
  • La complainte de Kesoubah est reprise par le groupe Casse pipe en 1993 sur l'album Chansons noires - Tome 1
  • La complainte de Kesoubah est reprise également par Louis Ville en 2006 sur son album À choisir
  • La chasse à l'enfant est reprise par Jean Guidoni en duo avec Juliette sur son album Chante Prévert en 2008
  • La grasse matinée est reprise par Jean Guidoni sur son album Chante Prévert en 2008

Discographie

  • L'Art de Marianne Oswald, 1932 à 1937, EPM, 1992
  • Kurt Weill à Paris, Assai, 2000

Bibliographie

  • Marianne Oswald, Je n'ai pas appris à vivre, préface de Jacques Prévert, Domat, 1948 ; Pierron, 1999
  • Hélène Hazera, Marianne Oswald, Lie Ernest Flam, 1993
  • Marianne Oswald, Louis Martin-Chauffier, Yves-André Hubert, Ces hommes de l'espérance, [S. l.] : [s. n.], [ca 1955] : une évocation de la résistance allemande au national-socialisme.
  • Marianne Oswald, One small voice, Londres ; New York : Whittlesey house, 1945 : biographie des années de jeunesse.

 

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