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29 Mar

30 mars 1983: Suzy Solidor

Publié par Histoire de la Chanson  - Catégories :  #1983

Suzy Solidor

 

chanteuse française, actrice et romancière

 

Elle servit de modèle à de nombreux peintres

 

Biographie 

Suzy Solidor est née le 18 décembre 1900 à Saint-Servan-sur-Mer (rattaché aujourd'hui à Saint-Malo) dans le quartier de la Pie, sous le nom de Suzanne Louise Marie Marion, de père inconnu et de Louise Marie Adeline Marion, fille-mère âgée de près de trente ans, domestique de maître Surcouf

 

Elle est morte le 30 mars 1983 et est inhumée à Cagnes-sur-Mer où elle résidait.

 

Suzy Solidor ne se cachait pas pour dire qu'elle avait pour ancêtre le corsaire Surcouf. En effet, sa mère fut la femme de chambre de Robert Henri Surcouf[1], avocat, député de Saint-Malo et armateur, descendant de la famille du célèbre corsaire.

 

La petite Suzanne aurait ainsi été le fruit d'amours ancillaires. Pour régulariser sa situation, sa mère épousa le 10 septembre 1907 Eugène Prudent Rocher qui reconnut la petite Suzanne, alors âgée de sept ans, qui prit dès lors le nom de Suzanne Rocher.

 

La famille allait s'installer ensuite dans le quartier de Solidor à Saint-Servan, qui lui donna plus tard son nom de scène.

 

Elle apprit à conduire en 1916, et fut sans doute l'une des premières bretonnes à avoir obtenu son permis à 17 ans. Peu avant l'armistice de 1918, promue chauffeur des états-majors, on la vit conduire des ambulances sur le front de l'Oise, puis de l'Aisne[2]

 

Après la guerre, elle s'installa à Paris. C'est à cette époque de sa vie, vers 1920, qu'elle rencontra Yvonne de Bremond d'Ars, qui allait devenir sa compagne et avec laquelle elle s'initia au métier d'antiquaire. Après leur séparation en 1930, Suzy Solidor eut plusieurs liaisons, dont une avec l'aviateur Jean Mermoz[3].

 

A partir de 1933, elle chanta à « La Vie Parisienne », rue Saint-Anne à Paris, cabaret "chic et cher" à la mode jusqu'en 1946. Elle s'assura rapidement une grande notoriété : véritable icône de la chanson maritime, égérie des peintres et coqueluche des photographes et des magazines de mode.

 

Durant l’Occupation, son établissement allait être fréquenté par de nombreux officiers allemands. Suzy Solidor jugea d'ailleurs bon d'ajouter à son répertoire une adaptation française de la chanson allemande "Lili Marleen", très appréciée par les soldats de la Wehrmacht, certaines unités en ayant même fait un chant de marche... si bien qu'à la Libération elle fut traduite devant la commission d'épuration des milieux artistiques, qui lui infligea un blâme et lui imposa une interdiction provisoire d’exercer.

 

Elle ouvrit en février 1949 un nouveau cabaret à Paris, « Chez Suzy Solidor », rue Balzac (près des Champs-Elysées) qu'elle abandonna à la fin des années 1950 pour se retirer sur la Côte d'Azur, à Cagnes-sur-Mer.

 

Elle allait ouvrir alors un nouveau cabaret, décoré de 225 de ses portraits, où elle chanta jusqu’en 1966, puis un magasin d'antiquités sur les hauteurs de Cagnes, place du château de Haut-de-Cagnes.

 

Elle demeure l'une des figures emblématiques des années 1930 avec son physique androgyne, ses cheveux blonds et sa frange au carré, sa voix grave et masculine et sa vie sentimentale agitée, d'autant qu'elle ne se privait pas, dans certaines de ces chansons, de célébrer l'amour lesbien, ses amours et ses amis, hommes et femmes.

 

Symbole de la garçonne des Années folles, elle contribua aussi à faire connaître au grand public le milieu homosexuel parisien de l'Après-guerre de 14.

 

Modèle célèbre au corps sculptural, elle fut portraiturée par plus de 200 peintres[4], notamment Dufy, Vlaminck, Picabia, Tamara de Lempicka, Man Ray, Jean-Gabriel Domergue, Jean Dominique Van Caulaert, Fabianno, Van Dongen, Foujita, Marie Laurencin, Bacon et Cocteau.

 

En 1973, elle donna à la ville de Cagnes-sur-Mer une quarantaine de ses portraits, qui figurent aujourd'hui parmi les œuvres remarquables du musée de la ville (musée-château Grimaldi)

Chansons 

  • "Dans un port" (écrit par elle).
  • "C'est à Hambourg".
  • "Je t'espère".
  • "La fille des bars".
  • "Ohé capitaine".
  • "La brume sur le quai".
  • "Le matelot de Bordeaux".
  • "Une fille dans chaque port".
  • "Le bateau espagnol".
  • "Tout comme un homme".
  • "Comme une feuille au vent".
  • "Obsession" (chaque femme je la veux), 1933.
  • "La belle croisière", 1934.
  • "Une femme", 1934.
  • "Ouvre", 1934 (Edmond Haraucourt - Laurent-Rualten)
  • "La maison des marins", 1934.
  • "Les filles de Saint Malo", 1934.
  • "La fille des bars", 1934.
  • "La belle escale", 1935.
  • "Le doux caboulot", 1935.
  • "Si l'on gardait", 1935.
  • "La belle d'Ouessant", 1935.
  • "Mon légionnaire", 1936.
  • "Sous tes doigts", 1936.
  • "La tonnelle des amoureux", 1936.
  • "Hawai nous appelle", 1936.
  • "La java du clair de lune", 1936.
  • "La chanson de la belle pirate", 1936.
  • "Nuit tropicale", 1937.
  • "Mon secret", 1938.
  • "Johnny Palmer", 1938
  • "Si j'étais une cigarette", 1938.
  • "Escale", 1938

 

  • "La danseuse est créole", 1938 (Jacques Plante - Louiguy)
  • "On danse sur le port", 1939.
  • "J'écrirai", 1939, (écrit par elle).
  • "Mon cœur est triste sans amour", 1940.
  • "Je ne veux qu'une nuit", 1941.
  • "Lily Marlène", 1942.
  • "La jolie Julie", 1942.
  • "A quoi songes-tu ?", 1943.
  • "Le soldat de marine", 1943.
  • "Trois lettres de toi", 1943.
  • "Le petit rat", 1947.
  • "Un air d'accordéon", 1947.
  • "Un refrain chantait", 1947.
  • "Amours banales", 1947.
  • "L'amour commande", 1948.
  • Saïgon", 1948.
  • "Congo", 1948.
  • "Nature boy", 1948.
  • "L'inconnue de Londres", 1948.
  • "Soir de septembre", 1948.
  • "J'aime l'accordéon, 1949.
  • "Casablanca, 1949.
  • "Valsez Laurence, 1950.
  • "La foule", 1951.
  • "Brasileira", 1951.
  • "Judas", 1952.
  • "La brume", 1952.
  • "Danse de la corde, 1952.
  • "La dame qui chante, 1952.
  • "Si le Rhône rencontrait la Seine", 1952.
  • "Amor y mas amor", 1952.

Romans 

  • Térésine, Paris, Les éditions de France, 1939 (220 p.)
  • Fil d'or, Paris, Les éditions de France, 1940 (217 p.), frontispice (photographie de Suzy Solidor) - roman dédié "à ceux du Large et à ceux du Bled, à tous ceux des avant-postes, à ceux qui tiennent les portes de l'Empire..."
  • Le Fortuné de l'Amphitrite, Paris, Les éditions de France, 1941 (213 p.), couverture illustrée par Marin-Marie, frontispice par Zinoview (portrait de Suzy Solidor)
  • La Vie commence au large, Bruxelles-Paris, Éditions du Sablon, 1944 (242 p.)

Filmographie 

  • Elle joua aussi au théâtre, notamment dans :
  • L'Opéra de quat'sous, de Bertold Brecht, au théâtre de l'Étoile, en 1937, avec Raymond Rouleau et Renée Saint-Cyr .
  • L'École des hommes, de Jean-Pierre Giraudoux, au théâtre Michel, saison 1950-1951, pièce écrite pour elle, où elle incarne une artiste peintre qui n'aime pas les hommes.

Documentaire 

  • Suzy Solidor, un étrange destin, film d'Alain Gallet, documentaire de 52 minutes, Aligal Production et France 3 Ouest, DVD.

Articles de presse et bibliographie 

  • Véronique Mortaigne, Solidor, furieux baisers, Le Monde, numéro 19552 daté du mardi 4 décembre 2007
  • Marie-Hélène Carbonel, Suzy Solidor : Une vie d'amours. Éditeur : Autres Temps (2007). Collection : Temps memoire. (ISBN 284521295X)
  1. Robert Henri Marie Joseph Surcouf (Saint-Servan, 30 octobre 1868 - Paris, 1er février 1944) fut député d'Ille-et-Vilaine de 1898 à 1919.
  2. Jean Forget, Louis Libert, Edouard Menguy et al., Un demi-siècle à Saint-Servan, Dinard, Danclau, 1998 et Alain Gallet, Suzy Solidor, un étrange destin, cf. § Documentaire.
  3. Ibid.
  4. Voir l'ouvrage : Deux cents peintres, un modèle, Paris, éd. La Nef de Paris, 1940 (le "modèle" étant évidemment Suzy Solidor)
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