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26 Mar

Mars 1964: France Gall - N’écoute pas les idoles

Publié par Histoire de la Chanson  - Catégories :  #1964

Le compositeur Serge gainsbourg signe N'écoute pas les idoles sur le 2e 45 tours de France Gall, titre qui se place en tête du hit-parade du mois de mars 1964.

 

À son propos, France Gall dira :

« C’est quelqu’un que j’avais du plaisir à voir parce que je l’admirais et j’aimais ce qu’il écrivait. Et j’aimais bien sa timidité, son élégance et son éducation. C’était très agréable comme relation. […] J’étais très impressionnée que cet homme travaille pour moi et s’intéresse à moi… »

France Gall par France Gall, autoportrait télévisé (France 3, 2001)

 

Avec le succès, elle quitte le lycée Paul-Valéry où elle redoublait sa troisième

 

N’écoute pas les idoles 

 

chanson française écrite et composée par Serge Gainsbourg et interprétée par France Gall en 1964.

 

La chanson fut reprise au Québec par Denise Brousseau.

Fiche technique 

Commentaire 

Même si France Gall, avec son premier 45 tours, s’est inscrite au hit-parade 1963 grâce à sa chanson de fille émancipée Ne sois pas si bête, son répertoire de débutante n’en demeure pas moins très conventionnel, l’adolescente mutine témoigne d’une candeur indiscutable.
Dès cette première chanson pour France, Serge Gainsbourg transgresse les limites du répertoire gentillet de la fillette chantante. N’écoute pas les idoles sous-entend que l’adolescente est déjà avertie des aventures amoureuses sans lendemain (qu’elle n’approuve cependant pas). Elle n’est plus la petite fille un peu nunuche de Ne sois pas si bête pour qui l’exploit était de donner ce conseil au garçon afin de recevoir (enfin !) un baiser…
D’autre part, l’adolescente de N’écoute pas les idoles est une schizophrène qui manipule le garçon, objet de son amour ou, plutôt, de son obsession ? :

Tu ne pourras
Plus écouter les idoles [elle-même]
Ça t’apprendra
Que moi seule je suis folle
Folle de toi

Lucien Rioux avait déjà relevé le paradoxe de cette chanson dans son étude consacrée à Gainsbourg en 1986.1


Christian Eudeline, dans Jukebox Magazine, effectue la même analyse : « C’est une fantastique chanson acidulée […] Planant au-dessus de ses contemporains, Serge concocte ici pour France un morceau très humoristique où une fille demande à son petit copain de l’écouter à la place de toutes ces nymphettes qui envahissent les ondes. Bien évidemment, France ne précise pas qu’elle a le privilège de s’adresser à ce même garçon à travers la même radio. Il s’agit sans doute d’un moyen détourné utilisé par Gainsbourg pour se moquer des lolitas d’alors ! »2


Ce thème schizophrénique sera de nouveau exploité par Gainsbourg dans la célébrissime Poupée de cire, poupée de son.


Musicalement, avec une orchestration minimaliste mais intense et une interprétation vocale très retenue, son exécution assure à cette chanson créée il a plus de 40 ans, la pérennité des œuvres abouties dont on dit qu’il n’y a rien à enlever et rien à ajouter.

N’écoute pas les idoles en CD (compilations)

  • 1992 - Poupée de son - Best of France Gall 1963-1968 (1 CD Polydor/Universal)
  • 2001 - France Gall - Les années Philips 1963-1968 (Long Box 3 CD Polydor/Universal)
  1. Serge Gainsbourg, Poésie et Chansons, Éditions Seghers, Paris, 1986
  2. Jukebox Magazine N° 64, novembre 1992
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